“Commençons par un texte remarquable de Léon Trotsky, sa préface au livre de C. Talès sur la Commune de 1871 (1). Citons largement ce texte qui met le doigt sur plusieurs points névralgiques. L’auteur attaque son propos avec sa vigueur et sa netteté coutumières. «Chaque fois que nous étudions l’histoire de la Commune, nous la voyons sous un nouvel aspect, grâce à l’expérience acquise par le luttes révolutionnaires ultérieures… La Commune nous montre l’héroïsme des masses ouvrières, leur capacité de s’unir en un seul bloc, leur don de se sacrifier au nom de l’avenir; mais elle nous montre en même temps l’incapacité des masses à choisir leur voie, leur indécision dans la direction du mouvement, leur penchant fatal à s’arrêter après les premiers succès…». Pour Trotsky, la Commune vint trop tard. Dès le 4 septembre 1870 le prolétariat de Paris aurait pu et aurait dû se mettre d’un seul coup à la tête des travailleurs du pays contre les forces du passé, Bismarck aussi bien que Thiers. Or le pouvoir tomba aux mains de bavards démocratiques, parce que le prolétairat n’avait ni parti ni chefs. Le parti ouvrier, le vrai, n’est pas une machine à manoeuvres parlementaires. C’est l’expérience accumulée et organisée du prolétariat. Les chefs poliques auxquels les ouvriers faisaient confiance attendaient un miracle; pendant ce temps les masses tâtonnaient et perdaient la tête, poursuit Trotsky. «Le resultat fut que la révolution éclata au milieu d’elles, trop tard, Paris était encerclé… Si, le 18 mars, le pouvoir se trouve entre les mains du prolétariat de Paris, ce n’est pas qu’il s’en fut emparé consciemment, mais parce que ses ennemis avaient quitté Paris…». Pour L. Trotsky, comme pour Lénine, le Comité central de la garde nationale est en fait, dans la praxis, un Soviet, mais comprenant à la fois des députés des ouvriers en armes et de la petite bourgeosie parisienne. Ce qui est exact. D’où, selon Trotsky, des fluctuations” (pag 60) [Henry Lefebvre, ‘La proclamation de la Commune. 26 mars 1871’, Gallimard, Paris, 1969] [(1) C. Talès, ‘La Commune de 1871, préface de Léon Trotsky, Librairie du Travail, Paris, 1921, pag XXII 217 (La préface n’est pas mentionnée dans la bibliographie établie par Bruhat, Dautry, Tersen, ‘La Commune de 1871, pp. 375 et sq.)]
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- Articolo pubblicato:21 Febbraio 2026
