“Ce qui est également essentiel pour la doctrine marxiste, c’est qu’il est tout aussi fastidieux et approximatif de calculer la valeur individuelle du travail de l’ouvrier particulier, dès lors que nous avons affaire à la grande industrie moderne. Ainsi, la réalité moderne dément la théorie de Proudhon et de Lassalle – e du «communisme des conseils» – selon laquelle chaque ouvrier doit toucher le ‘fruit intégral de son travail’: même si l’on voulait le faire, ce ne serait qu’une moyenne «injuste», et ce serait faire revivre la loi de la valeur-travail de l’économie mercantile. C’est pourquoi, Marx qualifie cette théorie de réactionnaire. Le communisme moderne part des conditions mêmes de l’actuel développement économique et historique: d’où l’importance de l’analyse de l’évolution du capitalisme. Ce que Marx entend démontrer c’est que le capitalisme produit sa propre négation au cours de son développement, et cette évolution antagonique est la source non seulement des crises et guerres violentes qui périodiquement déchirent le capitalisme, mais encore du mode de production socialiste futur. Dans les ‘Fondements’ etc, et le ‘Capital’, Marx a mis en évidence que le capital ‘se dévalorisait’ de plus en plus, en diminuant non seulement la valeur de la force de travail, mais encore celle des conditions de production en général, et ce, d’une manière inégale, spasmodique, et donc anarchique. Or, la loi fondamentale du capitalisme est celle qu’à énoncée Ricardo: la loi de la valeur-travail, qui permet d’évaluer le coût de toutes les marchandises (force de travail, machines, installations, matières premières, produit, etc), de mesurer les conditions de la production et de la consommation et de rémunerer les divers agents. Dans le VIe chapitre, Marx aborde ce même problème, en analysant les contradictions internes de la marchandise, produit du capital. Pour ce faire, il dresse cinq tablèaux numeriques, où il fait varier l’un des éléments constitutifs du capital-marchandise, afin de déterminer, du point de vue de la valeur, son effet sur les autres éléments ou la marchandise dans son entier” (pag 26-28) [Roger Dangeville, ‘Presentation’ (in) Karl Marx, ‘Un chapitre inédit du Capital’, Union Générale d’Éditions, Paris, 1971]