“Dans une lettre à Vera Zasoulitch, fondatrice avec Plekhanov et Axelrod, du groupe “Emancipation du travail”, Fr. Engels écrivait en 1885: “Ce que je sais ou pense savoir sur la situation en Russie m’incline à cette opinion que les Russes vont vers leur 1789. La révolution doit éclater dans un temps déterminé, mais elle peut éclater chaque jour. Dans ces conditions le pays ressemble à une mine chargée, à laquelle il ne rest qu’à approcher la mèche. Surtout depuis le 13 mars. C’est un des cas exceptionnels où une poignée de gens peuvent faire la révolution: autrement dit, par un petit coup provoquer l’écroulement du système entier se trouvant dans un équilibre instable (je me sers de la métaphore de Plekhanov) et libérer par un acte en soi insignifiant des forces explosives qu’il ne sera plus possible de dompter ensuite. Et si jamais la fantaisie blanquiste – provoquer l’ébranlement de toute la société par le moyen d’un petit complot – avait un certain fondement, c’est certainement à Petersbourg.” Et, en 1894, dans une “postface” à sa brochure “Les rapports sociaux en Russie”, Engels écrivait, parlant de la ‘Narodnaia Volia’: “La fois dans la force miraculeuse de la Commune paysanne, dont devait venire la renaissance sociale – la foi qui n’etait pas étrangère, nous l’avons vu a Tchernychevsky – cette foi joua son rôle en stimulant l’enthousiasme et l’énergie des militants héroïques russes d’avant-garde. Ces hommes dont le nombre ne dépassait pas quelques centaines mais qui, par leur abnégation et leur audace, acculèrent l’absolutisme tsariste à la situation où il fut déjà obligé à penser ò la capitulation et à ses conditions: de tels hommes, nous ne les chicanerons pas parce qu’ils croyaient que leur peuple russe était le peuple élu de la révolution sociale. Mais cela ne nous oblige pas à partager leurs illusions. Le temps des peuples élus est révolu pour toujours”. (Correspondance de Marx et Engels, p. 296) [nota p. 70, article de Vassili Soukhomline, Victor Hugo et les révolutionnaires russes. [Cahiers Internationaux, N° 42, Janvier 1953]]

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