“Ce que Marx et Engels écrivaient en février 1848, juste avant que n’éclate un grand soulèvement révolutionnaire à l’échelle de l’Europe entière, dans le ‘Manifeste communiste’, n’a rien perdu jusqu’à ce jour de sa validité, même si ce texte paraît aujourd’hui irrémédiablement dépassé aux yeux de beaucoup de gens: “La classe des petits-bourgeois léguée par le XVIe siècle, et qui depuis renaît sans cesse sous des formes diverses, constitue pour l’Allemagne la vraie base sociale de l’ordre établi” (Karl Marx Friedrich Engels, Manifeste du parti communiste, trad. Laura Lafargue, Paris, 1973, p. 64). C’est là une constatation à laquelle aurait acquiescé même le sociologue conservateur Wilhelm Heinrich Riehl [Sur Riehl, cf.: Jasper von Altenbockum, Wilhelm Heinrich Riehl 1823-1897. Sozialwissenschaft zwischen Kulturgeschichte und Ethnographie (…Sociologie entre histoire culturelle et ethnographie]. Cologne, Weimar, Vienne, 1994). Et il ne faudrait pas non plus se laisser désorienter par l’abondance des phénomènes prétendument nouveaux qui se manifestent en surface dans la société actuelle. Le petit actionnaire dégourdi ou le fringuant flambeur en produits dérivée se révéleront, le jour du grand crash, comme ce que dissimulent leurs poses et leurs costumes Armani: comme des petits-bourgeois hargneux, prêts à se réfugier dans un extrémisme du “centre” et de la “normalité” [Johannes Willms, La maladie allemande. Une brève histoire du présent, 2005]